Archive #0420
Auteur : Frère Basile d’Orvault
Date de rédaction originale : 17 octobre 1263
Sujet : Du Passage de Flambeau et des âmes qui partagent la chair
“ Le Flambeau : Nul feu ancien ne consume totalement la flamme nouvelle.
Et nulle chair n’est temple sans résistance.”
Lorsque la Destinée ordonne le transfert d’une âme guerrière vers son appelée, il ne s’agit point d’une domination, ni d’un oubli. L’ancienne et la nouvelle partagent un même sanctuaire : le corps, la mémoire, la volonté.
La fusion est rude. Brûlure. Frissons. Chants internes. Silence des songes.
Mais toujours, les deux âmes demeurent.
La guerrière venue d’un autre temps apporte sa force, sa mémoire, ses serments oubliés.
Mais l’appelée, si son esprit est ferme et son cœur intact, impose aussi sa marque.
Pas par orgueil. Par nature.
C’est ainsi que certaines âmes descendantes en viennent à porter les traces de plusieurs vies, non point comme une masse confuse, mais comme les strates d’un rocher sacré : entailles successives, visibles à l’œil attentif.
Les sœurs les plus anciennes les nomment “âmes veinées”, car elles brillent de nuances qu’aucune forge ne sait imiter.
Elles parlent différemment. Elles choisissent autrement.
Et parfois, elles trahissent les attentes du clan, non par faiblesse, mais par souvenir.
“Je suis l’écho et la promesse,
l’ancienne flamme et l’étincelle neuve.”
— Vers retrouvé dans les fragments de vérité d’Azura de Sevoran.