Archive #0147
Auteur : Frère Basile d’Orvault
Date de rédaction originale : 17 octobre 1263
Sujet : Distinction entre la flamme des guerrières réincarnées et la lueur des appelées
« Entre les vivantes et les élues, il est un feu qui ne trompe pas. »
Telles furent les paroles d’Ayssa la Grise, qui suivirent le combat de Bruges. Et depuis, nul Bookman n’a contredit ce constat.
La flamme d’une guerrière n’est pas une métaphore. C’est une résonance perceptible, une lumière éthérée que seules les sœurs de lignée peuvent déceler. Les amazones et walkyries — qu’elles soient de la caste des porteuses ou des voltigeuses — émettent une flamme d’un jaune intense, presque doré. Chez certaines, cette teinte tire vers l’ambre ou le cuivre, selon le rang ou le rôle. Les piliers, massives et ancrées, portent un jaune plus profond ; les voltigeuses, un éclat plus rapide, plus perçant.
Lorsqu’une guerrière rencontre une sœur pour la première fois, une brûlure douce se manifeste — légère, mais réelle. Comme si deux torches s’approchaient dans la nuit. Cette sensation s’estompe avec le temps, remplacée par une chaleur familière, indélébile. On dit que plus le lien entre deux guerrières est fort, plus la flamme circule librement entre elles, jusqu’à former une constellation invisible.
À l’inverse, les appelées — jeunes femmes en éveil partiel — ne dégagent qu’une lueur pâle, fragile, parfois hésitante. Elle est toujours perçue, jamais ressentie. Froide, distante, presque timide. Les plus anciennes guerrières la décrivent comme une chandelle sans cire : elle éclaire, mais ne réchauffe pas.
Il faut s’en souvenir : la flamme protège, la lueur avertit.
L’une guide. L’autre annonce.