Archive #0063
Auteur : Maelis d’Arcin
Date de rédaction originale : 4 Pluviôse, an 763 post-Veille
Sujet : Du phénomène de Cristallisation et de la fin du Cycle guerrier
« Nul brasier ne brûle éternellement. Certaines flammes choisissent l’extinction volontaire, lorsque survient l’étreinte sacrée. »
Parmi les clans, une croyance ancienne persiste, transmise en murmure entre les cheffes de lignée. Lorsqu’une guerrière survit aux guerres successives, il arrive que la Destinée lui offre un chemin de paix : non la mort, mais la rencontre.
On dit que lorsque l’âme guerrière croise son âme jumelle — dans la chair ou dans l’esprit — une transformation profonde s’amorce.
Ce phénomène n’est ni magie ni miracle, mais Cristallisation.
Les Bookmen consignent trois signes :
L’arrêt du cycle : l’âme guerrière cesse de se réincarner.
L’union astrale : les deux esprits s’enlacent dans une fusion définitive.
L’effacement du don : les flammes, jadis ardentes, se figent et s’éteignent.
Certaines traditions humaines racontent ce passage comme une mort tragique : Hippolyte, Penthésilée, Brunehilde…
Mais les anciennes savent que ce n’est ni chute ni punition.
C’est une ascension silencieuse.
L’ultime hommage de la Destinée : offrir à la guerrière un amour total… en échange de sa puissance.
Les cristallisées, dépouillées de leurs dons mais riches de mémoire, rejoignent parfois les sphères du pouvoir humain — diplomatie, finances, gouvernance secrète — où leur clairvoyance demeure précieuse.
Ainsi s’achève le cycle d’une âme guerrière :
non dans le fracas des armes, mais dans la lumière d’un cœur retrouvé.